« Everybody loves somebody. »
Pour un synopsis issu du site
officiel, rien de plus clair ! Tamako Love Story est bien le pan qui avait
été un peu laissé de côté tout du long de la série mère Tamako Market (dont il
garde le même staff) : l’amourette Tamako X Mochizou. Quand le film sort
en avril 2014 de chez Kyoto Animation, soit un an tout juste après la série (sortie au printemps 2013),
ce n’est pas un succès fou et il se retrouve classé onzième au Box Office
le mois suivant. Les ventes sont respectables mais sans plus, et on est loin du
succès qu’avaient rencontré d’autres œuvres du studio comme La Disparition d’Haruhi Suzumiya. Mais c’était prévisible, la série avait eu des résultats modestes
lors de sa diffusion. On notera cependant sa nomination au Media Arts Award (New
Face Award) la même année, aux côtés de L’Ile de Giovanni (Excellence Award).
Ceci étant, quand on regarde des
classements sur des sites comme MyAnimeList (qu’on ne prendra pas pour parole
divine non plus), on ne peut que remarquer qu’il est quand même très coté :
alors que Tamako Market est classé 2000+ ème, ce qui est carrément mauvais, le
film est classé 300+ ème (et ce un an après sa diffusion) ! Et là pour le
coup c’est vraiment bon comme classement. Comment expliquer cette percée ?
D’abord quelques mots sur la
série : j’ai pour ma part énormément aimé Tamako Market. Série diffusée en
France par Kazé, chaque épisode était un véritable nuage, aussi rose que
douillet, me transportant au grès des petites péripéties quotidiennes de la vie
de Tamako. Tamako ? C’est la fille ainée d’un homme veuf dont la femme est
décédée peu après la naissance d’Anko, la petite sœur de Tamako. La petite
famille habite avec le grand-père dans ce qu’on pourrait comparer à une
boulangerie de chez nous, où ils confectionnent des « mochis » (de
petits gâteaux de riz).
Dans l’ensemble j’ai vraiment,
vraiment aimé cette série. Mais ça ne veut quand même pas dire que je ferme les
yeux sur ses défauts (admirer, c’est juger honnêtement !) : l’histoire
n’aura finalement pas vraiment avancé, et on finit une série qui aura tout basé sur le
moe. Mochi, cute girls doing cute things, petite amourette… rien ne se termine (bon,
certes le mochi qui finit toujours dans la bouche de quelqu’un !) !
Dommage. A moins qu’ils prévoient une saison 2 pour finir, je comprends mal
leur choix d’une fin ouverte sur la saison 1 (d’autant plus qu’on parle d’une œuvre
originale, donc pas de contrainte vis-à-vis du scénario). Sinon pour le reste (graphisme,
BO, doublages,…) c’est un peu pareil que pour le film.
Enfin bref, y avait pas de quoi se
hyper sur la sortie d’un film (enfin, moi j’étais hypé. Mais je suis un sale
fag.).
A son sujet, je conseille de ne regarder
le trailer sous aucun prétexte ! Vous devez déjà deviner le contenu du
film, et bien le trailer en spoile la scène.
Pour la trame sur laquelle je
reviendrai après : nos charmants personnages sont grands, et faut bouger
pour continuer ses études. Mais Mochizou, l'ami d'enfance de Tamako, est décidé à partir pour Tokyo où il
compte intégrer une école de cinéma. Alors avant de partir, il veut que Tamako
sache à quel point il est amoureux d’elle.
![]() |
| Le fameux Mochizou |
![]() |
| La fameuse Tamako |
Graphiquement, je n’étonnerai
personne si je dis que c’est très agréable. KyoAni aux commandes, on retrouve ce
charac’ design si particulier au studio, et un ensemble coloré même si pour le
coup les décors ne sont pas au même niveau que ce qu’on avait eu sur La Disparition d’Haruhi Suzumiya. Le studio étant sûrement conscient que les deux
films n’étaient pas du même calibre... Il y a toujours ce flouté aux
périphéries de l’image qui la sublime si bien et que j’adore. Et cette
animation ! Toujours au top. Là en revanche le film n’a rien à envier à ses
prédécesseurs, ni à personne d’ailleurs. Il y a ces petits mouvements qui font l’ensemble
et tout et tout,… un véritable délice. En regardant certaines scènes au ralenti
pour vous trouver des screens, je n’ai pu qu’admirer la qualité de chacune des
frames ! Ils arrivent à donner une vraie ambiance à leurs plans, c’est
vivant et ils arrivent parfaitement à nous faire ressentir ce qu’ils ont envie
que l’on ressente : attendrissement, tension, enchantement,…
![]() |
| Le flou est constamment utilisé chez KyoAni |
Mais c’est surtout le filming qui
m’a enchanté. Les prises de vue, je les ai adorées ! On en reparlera
sûrement si on fait la review d’Hibike Euphonium parce que dans cette série c’est
encore plus le cas, mais qu’est-ce qu’ils arrivent bien à mettre en scène le
quotidien ! Le langage corporel, et surtout les pieds (un peu moins les
mains), est souvent utilisé et ça donne des situations assez incroyables où on
se rend compte que la gestuelle des jambes est tout aussi expressive qu’un
visage ! Et je ne l’ai pas autant remarqué dans d’autres productions d’autres
studios. Le décor des plans, comme je le disais plus haut, n’est pas toujours aussi
détaillé que ce qu’ils ont pu faire, et on a beaucoup de plans serrés sur les
personnages. Ceci étant, on reste largement au-dessus de la moyenne. De façon
générale les mises en scènes sont très sympa, ils montrent très bien ce qu’ils
veulent mettre en valeur. Et puis il y a cette scène où le décor se
métamorphose pour accompagner Tamako, perdue dans ses pensées et ses sentiments.
Ce qui est assez incroyable c’est que presque toutes les scènes avec un minimum
d’importance sont filmées avec qualité, dans le sens où ce ne sont pas de
simples close-ups comme d’habitude. Il y des jeux d’angles, de lumière. Ça rehausse
considérablement la qualité du film et aide une trame qui est peut pourtant
être considérée comme assez pauvre.
Evidemment, la première fois que
j’ai vu le film j’étais complètement hypé. Du coup je ne me base pas sur cette
première impression pour la review. Je ne me le suis pas re-regardé pendant un
temps, et puis là cet été je l’ai montré à ma copine. J’avais assez peur, parce
qu’en général quand je regarde quelque chose qui me plaît avec des gens je lui
trouve tout de suite plein de défauts... et au bout de 1h de film…
« C’est pas possible, il va
quand même pas durer 1h30 ce film. » que je me suis dit.
Parce qu’en fait… il se passe des
choses, vraiment ! J’avais complètement oublié les 2 tiers du film visiblement.
Et là en le re-survolant pour la review je redécouvre encore des passages.
Contrairement à ce qu’on pourrait penser, alors que Tamako Love Story est un
film des genres : School, Slice of Life, Romance… et bien je me suis
demandé comment ils avaient réussi à caser toute cette trame. La narration du
film est complètement différente de celle de la série, à savoir qu’elle est
exclusivement centrée sur nos tourtereaux quand la série se baladait un peu
partout. Du coup le groupe d’amies de Tamako devient moins présent (il l’était
vraiment beaucoup dans la série), et Kanna et Shiori passent un peu à la trappe
(sans parler de Choi (best gurl) qui est carrément en exile). En revanche, Midori
est projetée sur l’avant de la scène ! C’était déjà elle la plus
importante des amies dans la série, là c’est le ponpon. Elle est chouchoutée
par la mise en scène, constamment présente avec des plans tous aussi
valorisants les uns que les autres. J’ai l’impression d’avoir redécouvert le
personnage, j’ai une nouvelle idée du personnage maintenant. A voir
si c’est la bonne !
La trame donc, je l’ai trouvée
très cohérente et incroyablement lisse ! Mis à part une ou deux scènes un peu forcée sur le comique (en particulier une des premières ou Tamako se rate en faisant la majorette, ou précédemment le comique de répétition avec Choi et Sera) tout s’enchaîne sans problème. Quand ils ont décidé d’incorporer un évènement un peu « perturbateur »
c’est bien fait, pas de cassure dans le rythme. Une trame maîtrisée, et
pourtant pas si dense que ça, on aurait pu avoir quelque chose d’affreusement
fade. Finalement il y a largement de quoi s’occuper. C’est léger mais très bien
mené, j’ai vraiment apprécié cette qualité du film. On a plusieurs scènes du
quotidien de Tamako qui sont incroyablement mignonnes, et même réalistes. La narration
rend vraiment bien le comportement d’une Tamako amoureuse jusqu’aux oreilles,
mais qui ne le réalise que petit à petit, et seulement grâce à ses amies qui,
finalement, raisonnent parfois à sa place (Shiori good gurl). Pendant que Mochizou
se torture dans son coin à essayer de faire ce qu’il meurt d’envie de faire, où
de comprendre le pourquoi du comment. Il est tout autant perdu qu’amoureux
quoi.
Le film est aussi sujet à plusieurs
flash-backs avec des scènes d’enfance entre Tamako et sa mère. On avait eu
droit à quelques-unes de ces scènes dans la série, elles m’avaient déjà bien
plu. Dans le film elles sont plus consistantes et, remplis de tendresse, aident vraiment à dépeindre la
tristesse de Tamako à ce sujet, c’en est vraiment touchant. Énorme mention
spéciale pour celui qui a lieu alors qu’elle discute avec Mochizou, où l’on
comprend vraiment le personnage de Tamako et se rend compte à quel point elle
vit mal la disparition de sa mère.
![]() |
| La mère de Tamako |
J’ai pas grand-chose à dire sur
le doublage, il me plaît et je le trouve réussi. La bande-son elle en revanche
je la trouve plutôt maigre, mais bon. Et puis il y a ces dix dernières minutes
qui me font fanboyer… j’ai dû les re-regarder une cinquantaine de fois. Là, la
bande-son est vraiment bonne : c’est-à-dire qu’elle accompagne
parfaitement l’instant et qu’on ne peut plus s’imaginer la scène autrement une
fois l’avoir vue. Dommage que ça ne soit arrivé qu’une seule fois dans tout le
film ! Sinon elle passe plutôt inaperçue (mais lors des flash-backs elle
est bien présente aussi). Un petit mot sur le clip de fin: comme KyoAni nous l'avait déjà montré avec des sorties telles que K-On!, Kyoukai no Kanata ou encore Chunnibyou', qu'ils arrivent très bien à nous offrir des clips musicaux très pro'. C'est amusant mais surtout très réussi.
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| Choi désapprouve son exile, et moi aussi |
En conclusion, je pense que Tamako Love Story mérite sa belle position dans les classements et vous en recommande chaleureusement le visionnage. Le reproche d’une
trame légère, ce qui n’est finalement pas exactement le cas dans les faits, est
facilement compensé par une mise en scène de qualité. Malgré une bande-son un
peu discrète, on a des décors objectivement bons même si en dessous des
capacités du studio, le tout accompagné de bons doublage. On passe finalement
une heure trente sans avoir le temps de s’ennuyer, à apprécier le printemps de
la vie de la jeune Tamako. Une heure trente dans une bulle de tendre douceur et
de chaleur humaine. La vie est belle !
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| Da' end. |

























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